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Megaban

mardi 17 février 2009

Rencontre avec Sophie Jarry

Exposition Rock and Roll Animals
Du 1er au 22 février 2009
Galerie Chappe, Paris
Photographies de Sophie Jarry, Illustrations de Sophie Thunder

Retrouvez l'interview dans la nouveau numéro de DirrtyGlam

Parles nous de la genèse de "Rock’n’roll Animals", comment s'est montée l'exposition ?
Je souhaitais montrer des photographies de concert et des portraits, les deux pouvant être très forts pour "parler" d'un artiste ; montrer des instants intimes, comme dévoiler des petits secrets.
C'était primordial pour moi que les portraits soient des séries réalisées avec des artistes dont j'aime la musique, pour qui j'ai beaucoup d'estime et d'affection. Alors j'ai immédiatement pensé à Miles Kane dont j'ai découvert en même temps les deux albums, celui avec Alex Turner (The Last Shadow Puppets) et celui avec son groupe, The Rascals.
Dès notre première rencontre j'ai vu quelqu'un d'exceptionnel et j'ai su qu'il prendrait une place importante. Il avait accepté ma séance photos alors qu'il n'en fait habituellement qu'avec son groupe. Miles m'a proposé dès ce premier jour de faire des photos avec Alex et lui lorsqu'ils viendraient ensemble à Paris ; ça n'a pas pu se faire lorsqu'ils sont venus jouer à l'Olympia, mais ce jour là il m'a présenté Alex et leur manager, quelqu’un d’une incroyable gentillesse. Et c’est à Londres que je les ai finalement retrouvés pour faire cette série.
Ensuite, j'ai choisi des photos d'Adrien Gallo des BB Brunes, parce que c'est quelqu'un que j'aime beaucoup ; j'ai passé pas mal de temps avec le groupe l'année dernière, et il y a eu leur semaine de concerts à la Cigale, puis Strasbourg et Bourges.
Adrien est très photogénique, les 5 photos de l'exposition ont été prises à des moments différents mais elles peuvent être vues comme un seul portrait. L’une d’elle a été prise en 2007, chez lui, alors qu’on ne se connaissait pas depuis très longtemps. Adrien a confiance en moi, alors il se laisse photographier, simplement, sans chercher à prendre une attitude, c’est ce que j’aime dans ces photos de lui, et c’est ce qu’on retrouve aussi dans les séries des Last Shadow Puppets et de Miles Kane.
Puis il y a cette série avec Alison Mosshart des Kills, je voulais un visage féminin dans mon exposition, mais surtout je la trouve très étonnante sur scène, et c'est une personne très sensible, ça se voit sur ces portraits.

Dans cette exposition, tu présentes tes tirages aux cotés de dessins et collages de l'illustratrice Sophie Thunder, est-ce un choix personnel ? Penses-tu qu'il y ait une complémentarité entre vos deux travaux ?
J'ai proposé à Sophie de venir exposer ses dessins et peintures originaux (flyers de concerts et pochettes de single ou d'album), car j'adore ce qu'elle fait, qu'elle utilise le crayon, le pastel, la peinture ou les collages, je trouve tout magnifique.
Je voulais déjà qu'elle expose avec moi à la Proud Gallery quand j'y ai fait une expo mais c'était un peu compliqué.
On se complète visuellement oui, on s'inspire de la même musique, des mêmes personnes et je crois qu’on a la même sensibilité et la même approche. Elle dessine essentiellement des femmes et je photographie essentiellement des hommes, mais mes photos de femme ressemblent à ses dessins.

Est-ce que tu envisages d'autres collaborations ?
Oui, je suis vraiment contente que Sophie ait pu montrer ses dessins ici à Paris et que les gens puissent les découvrir. Je sais déjà avec qui mais je n'ai aucune idée de ce que ce sera, il faut que j'y réfléchisse car les choses prennent beaucoup de temps à se concrétiser ensuite.


J'ai vu que tu as choisi une scénographie épurée et graphique, en accord avec tes tirages en noir et blanc. Justement, pourquoi as-tu choisi de ne travailler qu'en noir et blanc ?
Je fais parfois de la couleur, sur les festivals par exemple, mais je vois les choses en noir et blanc, c'est plus naturel pour moi, comme une évidence. Je ne me pose pas vraiment la question, 90% des livres de photos que j'ai chez moi sont des noir & blanc, les photographes que j'admire faisaient du noir et blanc, mes références visuelles viennent surtout du cinéma et j'aime l'aspect cinématographique du noir et blanc, je ferai de la couleur quand j'y trouverai quelque chose de surprenant. Je suis parfois tentée de mettre une pellicule couleur, mais à la dernière minute je me dis que je vais peut-être manquer quelque chose.
Pour l'exposition j'avais prévu de réaliser toute une série en couleur avec Luke Pritchard des Kooks, je savais exactement ce que je voulais faire, ça aurait pu être magnifique je crois, mais je n'ai toujours pas pu faire ces photos et comme je les ai imaginées "pour lui", je n'ai pas eu envie de les faire avec quelqu'un d'autre. C'est pour cette raison qu'il n'y a pas de photos couleur à la galerie.
Mais quand une séance photo qui me tient à coeur ne se fait pas, je pense toujours à Steichen, qui admirait profondément Rodin et dont il souhaitait faire le portrait; Rodin lui avait proposé de lui rendre visite les samedis à son atelier de Meudon, et Steichen s'y est rendu tous les samedis, sans appareil photo (!), mais il observait Rodin, le suivait, s'imprégnait, et ce n'est que plusieurs années plus tard que Steichen a demandé à Rodin de poser devant la statue de Hugo et du penseur!!!
Je trouve ça tellement beau.

De même, pour quelles raisons travailles-tu à l'argentique ?
Pour l'atmosphère, le grain, l'ambiance, le mystère, pour prendre le temps de chercher et trouver quelque chose. Pour avoir de vraies photos entre les mains. Pour les retrouver dans une boite, les regarder, les montrer.
La photographie argentique a une histoire. Une photo est précieuse, une photo est un instant, je ne conçois pas 200 images d'un seul instant, l'instant disparaîtrait non? Et l'émotion avec.

Choisis-tu tes sujets en fonction de tes goûts et affinités, ou par critères esthétiques ?
Un jour une personne m'a envoyé un message me disant que cela se voit sur mes photos que j'aime les gens que je photographie. Je me suis dis que c'était classe que cela puisse se voir.
Par exemple, avant d’aller à Londres pour photographier Miles Kane et Alex Turner, je pensais à eux tout le temps, comme pour m’imprégner, être avec eux et commencer à imaginer mes photos, et comme j’écoutais leur disque non-stop en plus !
Le moment où nous avons fait ces photos n'a pas duré longtemps en soi, mais pour moi il a duré 4 mois, du 1er juillet au 26 octobre. Je voulais montrer leur complicité et leur complémentarité, les voir ensemble sur une photo et non pas seulement l'un à côté de l'autre.
J'aime l'aspect ancien et vieilli de ces photos qui pourraient avoir été retrouvées dans le grenier de notre grand-mère. Ces photos leur ressemblent, et surtout, je sais qu’ils les aiment.


Tu as suivi Razorlight en tournée pour les photographier, comment ça s'est passé ?

Johnny Borrell connaissait mes photos et m'a contactée pour savoir si je pouvais partir en tournée en Grande-Bretagne avec eux pendant 15 jours. J'avais encore un travail à plein temps à ce moment-là alors j'ai démissionné du jour au lendemain, sans même prévenir mes parents qui auraient voulu me dissuader évidemment. Je les ai quand même appelés de Brighton une semaine plus tard :-)
Je suis très reconnaissante à Johnny pour sa confiance ... aveugle pour ainsi dire ... puisque j'ai fait 28 pellicules sur sa tournée sans pouvoir montrer aucune photo sur le moment. Ce sont des souvenirs absolument incroyables car c'était une très grosse tournée, des salles de 10 000 à 15 000 places, une grosse organisation avec 50 personnes à travailler sur le tour.
Tout ça me manque beaucoup chaque fois que j’y repense.

Parles nous de ton exposition à la Proud Gallery, en 2007 à Londres.
Je voulais trouver un moyen d'exposer à Londres une sélection de ces photos prises sur la tournée, et Johnny m'a dit que je devrais essayer de contacter la Proud Gallery. C'est ce que j'ai fait, le projet les a intéressé compte tenu du succès de Razorlight en Grande-Bretagne.
Après ça a été un peu compliqué à mettre en place, mais en résumé Ben Sherman a sponsorisé l'exposition, et surtout Johnny a fait un concert à la galerie pendant l'expo ; ça n'aurait pas été possible sans lui.

Tes plus belles rencontres ?
Johnny Borrell évidemment, il a été et reste très important pour moi ; quand je suis rentrée à Paris après la tournée avec lui en 2006 j’étais très déprimée, et j’ai mis des mois avant de pouvoir photographier un autre artiste.
Et plus récemment Miles Kane, je l’aime vraiment beaucoup, sa spontanéité, son enthousiasme, sa joie de vivre, son rire, et son accent aussi !

Quels sont tes projets après l'exposition ?
Il n'y a rien que je puisse vraiment prévoir en fait. Par exemple, une personne qui travaille à l’organisation d’un festival à Sao Paulo m’a contactée en 2007 pour que j’expose lors de son festival, cela prend du temps et la première édition n’a pas encore eu lieu.
Mais par contre, à la fin du mois, il y a l’exposition Nike au Citadium du 19 février au 3 mars, pour qui j’ai casté et photographié 8 jeunes musiciens et/ou comédiens.
Sinon, rien de concret, des idées, des envies, 2 ou 3 rêves et des intuitions aussi.

6 commentaires:

Racha a dit…

Comment ça, zéro commentaire? C'est mon nouveau blog, bichette, j'ai supprimé l'autre (l'idée m'a très vite saoûlée). Celui là sera plus généraliste et plus nombriliste (je cultive l'art du paradoxe, n'est ce pas? huhu).

Basou basou
xXx

Dooder City a dit…

lovely photos.

Jessica a dit…

j'aime beaucoup ces fotos! et j'adore tes lunettes, sont-elles "vintage" - je sais pas le mot en francais pour "vintage" mais je pense qu'il est le meme..?

bisouxxx
jessica

Louise a dit…

L'Exposition Rock and Roll Animals à l'air suuuper !

Stella Makinson a dit…

Très belle photo de la chanteuse de The Kills ! merci pour la découverte de cette photographe dont j'ai malheureusement raté l'expo à la Galerie Chappe...

Elodie... a dit…

oh j'ai été la voir cet expo, hier !
C'est vraiment top :)